Économie & Fiscalité 8 min de lecture

Jeunesse et précarité : les mesures du NFP pour les 18-30 ans

Jeunesse et précarité : les mesures du NFP pour les 18-30 ans

La France compte 9 millions de 18-30 ans. Parmi eux, 20 % vivent sous le seuil de pauvreté, un sur quatre ne trouve pas d'emploi stable et 40 % des étudiants déclarent avoir renoncé à des soins faute de moyens. Face à cette précarité massive, le Nouveau Front Populaire propose un plan global pour la jeunesse.

Une génération sacrifiée en chiffres

La précarité des jeunes français n'est pas un phénomène nouveau, mais elle s'est considérablement aggravée ces dernières années. Les données sont alarmantes :

  • 1,8 million de jeunes de 18 à 30 ans vivent sous le seuil de pauvreté (1 158 € par mois pour une personne seule).
  • Le taux de chômage des 15-24 ans s'élève à 17,3 % en 2025, soit près du double du taux national.
  • 53 % des moins de 30 ans occupent un emploi précaire (CDD, intérim, temps partiel subi).
  • 35 % des étudiants travaillent en parallèle de leurs études, souvent au détriment de leur réussite académique.
  • Un étudiant sur cinq a recours à l'aide alimentaire.

La crise du Covid-19 a aggravé cette situation en détruisant les emplois étudiants et en accentuant l'isolement social. Mais les racines du mal sont structurelles : un marché du travail qui précarise les entrants, un système de protection sociale qui exclut les moins de 25 ans (pas d'accès au RSA), et un coût du logement qui absorbe une part croissante des budgets.

La garantie d'autonomie : un revenu pour les jeunes

La mesure la plus emblématique du programme jeunesse du NFP est la garantie d'autonomie. Ce dispositif propose un revenu mensuel de 1 000 € pour tous les jeunes de 18 à 25 ans en formation, en recherche d'emploi ou en insertion professionnelle, sous condition de ressources.

Ce revenu n'est pas un simple « RSA jeune ». Il s'inscrit dans un parcours d'accompagnement global incluant un suivi personnalisé par un conseiller référent, l'accès prioritaire aux formations qualifiantes, et un accompagnement dans les démarches de logement et de santé.

Le financement de cette mesure, estimé à 15 milliards d'euros annuels, repose sur la réforme fiscale portée par le NFP : rétablissement de l'ISF, taxe sur les transactions financières et réduction des niches fiscales les moins efficaces. Le NFP fait valoir que cet investissement est largement rentabilisé par les gains en termes de qualification, de santé et de productivité future.

Le logement étudiant : urgence nationale

Le logement représente en moyenne 55 % du budget des étudiants, un taux insoutenable. Le parc de résidences universitaires, avec 175 000 places pour 2,9 millions d'étudiants, couvre à peine 6 % des besoins. Le NFP propose un plan de choc :

  • Construction de 15 000 logements étudiants par an pendant cinq ans, soit 75 000 nouvelles places. Les constructions seraient financées à 50 % par l'État et à 50 % par les collectivités locales.
  • Encadrement des loyers dans les villes universitaires : extension du dispositif d'encadrement des loyers à toutes les agglomérations de plus de 100 000 habitants hébergeant un pôle universitaire.
  • Revalorisation de l'APL étudiant : augmentation de 20 % de l'aide personnalisée au logement pour les étudiants, avec une indexation automatique sur l'évolution des loyers.
  • Garantie publique de caution : l'État se porte garant pour tous les étudiants et jeunes travailleurs, supprimant l'obstacle de la caution parentale qui pénalise les plus modestes.

Emploi des jeunes : sortir de la précarité

Le NFP s'attaque frontalement à la précarité de l'emploi jeune. Plusieurs mesures sont proposées pour sécuriser l'entrée dans la vie active :

La réforme des stages est un chantier prioritaire. Le programme prévoit l'interdiction des stages de plus de deux mois non rémunérés, la revalorisation de la gratification minimale à 80 % du SMIC horaire (contre 4,35 € de l'heure actuellement), et le plafonnement du nombre de stagiaires par entreprise à 10 % de l'effectif total.

La lutte contre l'ubérisation constitue un autre axe fort. Le NFP propose une présomption de salariat pour les travailleurs de plateforme (livreurs, chauffeurs VTC), obligeant les entreprises qui les emploient de fait à leur accorder le statut de salarié avec les protections afférentes (assurance chômage, congés payés, cotisations retraite).

Enfin, le NFP promeut un plan « premier emploi durable » : un système de bonus-malus sur les cotisations patronales favorisant les entreprises qui recrutent des jeunes en CDI plutôt qu'en CDD ou intérim. Les entreprises embauchant des moins de 30 ans en CDI bénéficieraient d'une exonération de cotisations patronales pendant deux ans.

Santé et santé mentale : l'urgence invisible

La santé mentale des jeunes est un sujet longtemps tabou qui est devenu une urgence sanitaire. Selon Santé publique France, 20 % des 18-24 ans présentent des symptômes dépressifs, un taux en hausse de 80 % depuis 2019. Les tentatives de suicide chez les 15-24 ans ont augmenté de 40 % sur la même période.

Le NFP propose :

  • La prise en charge intégrale de 12 séances de psychologie par an pour les moins de 30 ans, sans avance de frais.
  • Le recrutement de 500 psychologues dans les services de santé universitaires, portant le ratio à un psychologue pour 3 000 étudiants (contre un pour 15 000 actuellement).
  • La création de « maisons de la jeunesse » dans chaque ville de plus de 50 000 habitants, offrant un accueil pluridisciplinaire (santé, social, orientation, logement) en un lieu unique.
  • La complémentaire santé gratuite pour tous les moins de 25 ans, étendue à la couverture optique et dentaire.

Accès à la culture et engagement citoyen

Le NFP considère que l'émancipation de la jeunesse passe aussi par la culture et l'engagement. Le programme prévoit un « pass culture renforcé » de 500 € par an (contre 300 € actuellement), élargi aux 14-25 ans et utilisable pour les spectacles vivants, les cours artistiques et les pratiques sportives.

Un service civique universel de six mois serait proposé (mais non imposé) à tous les jeunes entre 18 et 25 ans, avec une indemnité portée à 800 € par mois (contre 609 € actuellement). Ce service permettrait de s'engager dans des missions d'intérêt général : environnement, solidarité, éducation populaire, culture.

Pour le NFP, investir dans la jeunesse n'est pas une dépense, c'est un investissement dans l'avenir du pays. Une génération bien formée, bien logée, en bonne santé et engagée est la meilleure garantie de cohésion sociale et de dynamisme économique pour les décennies à venir.

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